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Vous êtes ?

Le Portrait de Suzette Grel

Peux-tu décrire ton  parcours, ainsi que le cheminement qui t'a amené à te rapprocher d'une association ?

Dans un premier temps, ça n'a l'air de rien mais je suis d'origine paysanne et je le revendique fortement. De base, tout ne semble pas dû quand on a cette origine, on acquiert une forme d'esprit combatif. Dans un second temps j'ai eu une formation très forte de quatre ans à l'école normale d'instituteur : Je crois qu'il n'y pas meilleure école que celle là, c'est l'apprentissage d'une école laïque et républicaine, et jamais on n'a remplacé les valeurs qu'elle véhiculait.

En étant professeur j'ai compris que j'étais une laïque forcenée, j'ai ressenti ce besoin fou non pas de revendiquer quelque chose, mais d'aider.

Par la suite, à Créon, j'ai été sollicitée maintes et maintes fois pour être une élue, j'ai fait deux mandats comme adjointe au maire,  puis j'ai été élue maire de Le Pout de 2001 à 2008. A ce même moment, j'ai été vice-présidente de la Communauté de commune du Créonais, dans le domaine de la solidarité et du social.  Cette volonté de m'impliquer ne m'a pas quittée.

Finalement, quand j'ai cessé d'être élue, les associations sont revenues vers moi pour me proposer une autre casquette : En tant que bénévole, et j'ai pu intégrer le conseil d'administration. Avoir ces deux casquettes dans ces mêmes associations, quel bonheur !

Quand vous avez une vision large, vous réalisez que le pouvoir des habitant est très important. Et qu'un élu n'est rien s'il n'a pas derrière lui la force et des bénévoles, et des habitants.

Comment décrirais-tu rétrospectivement ton parcours au sein de l'association ?

Le moment fort dans mon parcours associatif a été la métamorphose de l'association Solidarité en Créonais en centre social, La Cabane à projets. Et c'est la plus belle institution que j'ai connue de toute ma carrière, parce qu'il prend naissance, est destiné, et vit grâce aux habitants : C'est le pouvoir citoyen sous sa meilleure forme.Le centre à été accepté et agréé, c'est donc devenu La Cabane à projets.

Il est géré par l'association Solidarité en Créonais, qui existe toujours. J'y ai travaillé six ans, depuis le premier projet, avant de me retirer. Mais j'y suis restée bénévole.

J'ai intégré également le Coderpa , Comité départemental des Retraités et Personnes âgées, je suis nommée par le président du conseil général, Mr Philippe Madrelle, dans le collège des personnes nommées et ressources.  Je suis en plein dans le vif du sujet au niveau de l'âge, à même de comprendre ce que souhaitent les personnes âgées, ce qu'elles avaient vécu et ce qu'elle souhaitent pour leur avenir.

Je suis aussi membre du CIAS, Centre intercommunal d'action sociale de Créon. J'ai lancé sa création quand j'étais vice présidente, sans pour autant supprimer les petits CCAS, Centre communal d'action sociale, dans les petites communes. Car il reste des actions de proximité qui sont importantes: comme le repas des personnes âgées, la rencontre des élus pour bavarder, sortir de sa solitude..  Les actions de proximité soi disant moins glorieuses sont les plus efficaces !

C'est le lien direct et sans prétention qui fait le plus gros travail.

Ces missions correspondent-telles à ce que tu avais imaginé en intégrant ces associations ?

Non, honnêtement non. Je crois, et c'est très égoïste, que je cherchais moi même le contact. Après avoir été  reçue au concours, et prise en charge aux frais de l'état, j'ai ressenti le besoin de rencontrer les autres et de redonner tout cet apport sous une autre forme. J'ai éprouvé la volonté de combattre cet élitisme que j'ai vécu, même si je ne le réalise qu'aujourd'hui. J'ai envie de transmettre cette force qu'on acquiert quand on se bat.

Toi-même étant bénévole , comment conçois-tu l'engagement militant ?

L'engagement militant, c'est le plus important, je ne tiens pas tellement aux responsabilités. Bénévolement, on construit des actions concrètes : le projet devra être amélioré, devenir plus cohérent avec la vie de tous les jours. Le bénévole est plus militant que l'administrateur qui en a seulement la responsabilité. Il est dans un climat qui n'est pas de rendre du service, mais du faire et être. C'est le mélange qui est fort : Le bénévole seul n 'est rien, l'administrateur et le salarié non plus. C'est une alchimie où tout le monde a sa place, c'est important mais difficile à faire vivre.

Malheureusement des richesses sont gaspillées parfois, faute de pouvoir les exprimer. Il y en a qui parlent plus fort que d'autres. C'est ce mélange qui doit cohabiter et pour cela il faut un régulateur. Personnalité, éducation, cheminement personnel, chromosomes propres... Chacun peut apporter  son quelque chose , c'est ce mélange qui fait que ça réussit ou non.

Qu'est ce qui te plaît le plus dans les missions réalisées  ?

Le contact avec les gens. Le contact humain, l'envie de parler, déchanger.

Mardi, je commence un échange de savoir, j offre d'apprendre à danser des danses d autrefois à un groupe. Je sais que je vais rendre service à La Cabane à projets. Ce qui savent vont pouvoir s'exprimer : Ça, ça me plaît, je rencontre du monde, on a toujours quelque chose à apporter, et dans un même temps on va puiser chez les autres. On apprend en étant enseignant et en étant bénévole, c'est un peu la même chose , un échange de savoir être et du savoir faire : on l'améliore et on s'améliore. Si on n y arrive pas, on peut toujours s'en aller, c'est humain, et surtout on peut arriver à d'autres choses.

Pourquoi vous être rapproché de la Ligue de l'enseignement ?

Je me suis rapprochée de la Ligue suite à une demande du Coderpa et de La Cabane à projets. J'ai rencontré les salariés qui avaient besoin de ce rapprochement. J'ai fait le tour de la question et ça m'a semblé profitable à La Cabane à projets. et je pensais pouvoir apporter des comptes rendus pouvant être utiles.

Nous avons des valeurs communes de laïcité : Je crois fortement aux valeurs du centre social et de la Ligue de l'enseignement. Ces valeurs je les avais dans l'action, et maintenant j'ai envie de les définir dans un projet qui correspond a une société qui va mal, donc il y a à faire, et c'est ça qui me motive toujours, on est dans une société qui va mal, on a des outils merveilleux comme la Ligue de l'enseignement, il faut la rebâtir avec des projets immédiats.

Quels sont tes projets à venir, personnels et pour l'association ?

Je peux apporter plein de choses, rien que par l optimisme. J'ai plein d'idées mais les déplacements deviendront de plus en plus difficiles, je limiterais mes projets a mon village. Je rêve d ouvrir comme un cabinet de conseil : Techniquement je ne connais rien au niveau juridique mais je peux apaiser ou encourager quelqu'un pour le motiver.

Et plus particulièrement avec les jeunes, car je suis plus à l'aise avec des jeunes qu'avec des gens de mon âge en règle générale,car souvent il y a trop de pessimisme. J'aime conseiller les gens. Mais pourvu que ça m'amène une relation, un contact humain.

Quel message ou conseils aimerais-tu faire passer aux futures générations bénévoles qui intégrerons des associations ?

Surtout ne restez pas isolés. Même si vous vous dites que vous ne savez pas faire des choses ne restez pas tout seuls. Il y a toujours une association où vous trouverez votre compte. Il faut vous épanouir, car plus je côtoie des gens plus je constate la richesse gaspillée. N'ayez pas peur d'aller au devant des autres.

Les jeunes doivent absolument être plus écoutés, c'est la première des choses. Ils ont tellement de richesses que c'est une chose qu'on ne comprend pas. On a jamais eu une génération de jeunes aussi biens, aussi ouverts d'esprit, car ils on appréhendés la crise d'une autre manière que nous. Je suis très fière de nos jeunes. Je compte sur eux pour dégourdir les anciens bénévoles. Profitez des occasions de convaincre les gens, il y a plein de choses en eux, c'est un scandale de ne pas en faire profiter la société. Il faut se satisfaire soi pour être opérationnel, et aller vers les autres, toujours.

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Suzette Grel

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