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Vous êtes ?

Le Portrait de Boris Bouleau

Peux-tu décrire ton  parcours, ainsi que le cheminement qui t'a amené à te rapprocher d'une association ?

Après avoir effectué un parcours en lycée professionnel, j'ai passé un Bep comptabilité. J'ai rapidement décroché car je n'éprouvais pas de plaisir particulier à effectuer cette formation. En parallèle j'ai passé mon diplôme d'animation : Très tôt, j'ai eu envie de passer le BAFA, ce que j'ai fait à dix sept ans, cela m'a coupé du côté scolaire. J'avais envie d'aller a la rencontre du public,  de partager mon point de vue sur certaines choses, ma sensibilité dans ce cadre professionnel qui me permettait de plus m'émanciper. Cette motivation m'est donc venue très rapidement.

J'ai pu partager mes compétences dans ce cadre professionnel. Le BAFA permet de s'adresser à un public large et varié, pas seulement aux enfants : Adolescents, jeunes adultes, personnes handicapées aujourd'hui.  J'ai poursuivi dans cette même voie en passant le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport, option théâtre et animation culturelle. Pendant ce Bpjeps j'ai été en stage à l'association l'Estran, de St Médard en Jalles, association socio culturelle, notamment musicale. Concrètement l'idée de cette association est que chaque adhérant est sollicité pour être acteur  d'une proposition culturelle à l'échelle locale, tout adhérent, peu importe sa sensibilité culturelle, peut proposer une action : ça peut être de l'organisation de concert, d'une soirée  théâtrale, des débats… Aujourd'hui, étant donné que 85 pour cent des adhérents pratiquent de la musique, l'association tend vers les propositions musicales et délaisse un peu les autres supports culturels, les mets de côté. Cela provient des tendances des militants, qui déterminent la direction que prend l'association. L'Estran est la première association dans laquelle j'ai été acteur associatif, et non consommateur.

Comment décrirais-tu rétrospectivement votre parcours au sein de l'association ?

Quand je suis arrivé la première fois, j'avais l'image que la plupart des gens peuvent avoir, j'étais sensibilisé sur une association d'abord axée sur la musique, ce qui m’a permis de façon autonome de pratiquer la guitare en groupe avec des copains, de pouvoir avoir une place intéressante au sein de cette structure. A cette époque j'étais vraiment tourné autour de la pratique musicale, j'avais un regard jeune. Suite à ce stade du Bpjeps, je suis revenu vers l'Estran car je connaissais son fonctionnement, et, de par ma formation il m'a semblé judicieux d'y partager un certain point de vue.

Avec un  souvenir plus ou moins précis, j'y reviens donc six ans plus tard. Je découvre que je possède un autre regard, plus de maturité, je n'ai plus les mêmes projets de vie. Des choses concrètes ont été mises en place dans le cadre de ce stage, notamment des ateliers théâtre au collège Dastignan, pendant deux heures le mercredi.  Il s'agissait d'abord d'expliquer le théâtre, et aussi de partager les valeurs de l'Estran. Nous avons explicité ce qu'est une association aux jeunes, les valeurs qu'elle véhicule, le tout de façon ludique et collective.  Nous avons réalisé une réflexion en amont, afin de déterminer ce vers quoi les jeunes voulaient aller. Le projet, concrètement était de de pouvoir mettre en place un atelier dans le cadre des Restaurants du cœur : car l'association y participe et reverse des fonds depuis toujours.

Un an ou deux après, j'ai effectué un service civique, avec pour mission principale l’accueil de personnes extérieures à l'Estran, pas forcément en lien avec la musique. Il s'agissait surtout de mettre en avant le coté pluriculturel de l'association.

Enfin, dans cet esprit d'élargir nos actions culturelles, nous avons eu pour projet de mettre en place un magasin communautaire, pour mutualiser les biens. Au quotidien, nous avons une multitude d'objets sous la main dont nous nous servons très peu, et que donc nous pouvons mettre à disposition des autres dans un lieu de stockage : Cela peut être des costumes de théâtre,une perceuse, une guitare, un ampli … Un grenier dans lequel chacun peu se servir, en somme. En ayant un maximum d'adhérents, nous faisons fonctionner ce projet. Pour aller plus loin dans cette démarche, nous avons lancé la bibliothèque libre, sur le même mode de fonctionnement. C'est une structure qui marche sur la confiance, sur le partage intellectuel et matériel.

Ces missions correspondent-telles à ce que tu avais imaginé en intégrant l'association ?

Oui et non, on peut pas s’attendre à ce qui va se mettre place, on est une association qui bouge beaucoup au niveau des adhérents, on peut avoir une multitude d'arrivants et l’année d’après beaucoup moins, ils peuvent être moins disponibles  en fonction de leur vie ou de leur emploi du temps... Ils vont aussi être plus ou moins présents, et cela a un impact direct sur l'Estran. Car c'est une association collective. Son fonctionnement est très dépendant de la collectivité et des disponibilités des uns et des autres, ce sont les adhérents qui portent les projets des uns et des autres.

Toi même ayant cette expérience, comment conçois-tu l'engagement militant ?

C’est un travail quotidien, il est varié, cela peut être les échanges que l'on a avec des amis par exemple, c’est de l’engagement, on est  toujours dans l’échange mais dans la compréhension, dans le partage des savoirs, nous sommes  des militants du quotidien. A mon avis, il ne faut pas tomber dans l’association de consommation, chaque adhérent doit travailler dans le contexte de l’association, il doit être acteur. Nous devons tous participer. Un moment donné lorsque que l'on partage des valeurs, que l'on est prêt a mettre en place collectivement des projets, nous sommes bien entendu dans une forme de militantisme.

Je préfère le terme «militant associatif» à celui de bénévole. Le terme militantisme sous entend un enjeu, avec derrière une bataille, une réelle volonté de toucher un projet de fond. Ce n'est pas le même enjeu, ni la même force, la même dimension.

 Qu'est ce qui te plaît le plus dans les missions réalisées ?

C'est dur à dire, car c'est un peu l'ensemble des missions réalisées qui est enrichissant. Qu’est ce qui m’a plu ? C’est un tout, ce que j’essaie de voir c’est que le service civique est très intéressant dans une démarche de sensibilisation, car être acteur dans une association permet de la comprendre, dans son intégralité et son fonctionnement. Peu importe ton cursus, c’est ouvert a tous, même s'il y a une sélection, comme partout, et qui peut créer des futurs militants. J’y ai beaucoup appris, cela m'a permis de continuer a travailler avec une structure militante, de continuer mes projets.

Pourquoi est-ce que Lestran s'est rapproché de la ligue de l'enseignement ?

Concrètement on est affilié a la ligue depuis longtemps à l'Estran, il s’est avéré qu’en discutant avec des adhérents  ou les directeurs de structures, j’ai vu les actions apportées par la Ligue et je m’y suis retrouvé, je trouvé ce rapprochement logique. Elle véhicule des valeurs qui me correspondent mentalement. Et qui correspondent à l'Estran, notamment  par rapport à l'objectif de mettre en action une éducation populaire, l'accès à la culture, à la musique et au sport pour tous. J'ai voulu m’investir en tant qu'adhérent dans une structure de plus grande ampleur, et donc aujourd'hui je suis membre de la ligue, en tant qu'administrateur.

Quels sont tes projets à venir, personnels, et  pour Lestran?

J'ai une multitude de projets personnels. De toute façon je continue sur la voie associative, puisque c'est celle dans laquelle je me retrouve le plus. J'irais où le vent me portera, tout dépend des possibilités. Quand on travaille dans l’animation, la difficulté est de trouver un emploi stable. Ce qui de toute manière, aujourd’hui est un problème prégnant à de nombreuses formes de métiers. Je reste en tout cas un militant associatif à l'Estran.

Quel message ou conseils aimerais-tu faire passer aux futurs bénévoles qui intégrerons des associations ?

Les associations ont besoin de tout le monde, et tout le monde est potentiellement militant, il faut partir de ce que nous sommes et voir vers quoi l'on veut aller. Une fois qu’on a cette façon de voir le monde, que l'on a envie de s’investir, il ne faut pas hésiter. Tout individu peut être bon en bénévolat ou en militantisme. Il faut d'abord partir de soi, essayer de trouver les compromis nécessaires pour s’impliquer dans une construction collective. Cela fait sept ans que le festival Jalles Houses Rock existe et rassemble quatre mille personnes. Tout seul tu ne peux pas mettre ce genre de choses en place. c’est une démarche collective, qui part de la sensibilité collective. Notre rôle en tant que militants associatifs est de sensibiliser les gens, d'être dans le réel. Le monde évolue, nous changeons, les codes changent, nous devons donc avoir un discours actuel pour justement sensibiliser les jeunes et les moins jeunes, pour devenir des acteurs associatifs, et surtout des acteurs collectifs.

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Boris Bouleau

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